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Au téléphone, 15h30, tous les deux lucides :

Alexis : « Eh dis-moi, tu sais comment on fait pour re-télécharger Google ? »

Moi : « Qué ? Mais c’est une page, Google… »

Alexis : « Une quoi ? »

Chose promise, chose due.



mars 2006








30 millions d'amis, 11 millions de Grecs. Ouf, ça fait moins. up



« Un soleil de printemps, une temperature de printemps, une mer de printemps »

« C'est bonheur et lilas fleuris, et promesse d'ivresses infinies, et tendresse et beatitude... Tiens, tu peux relire L'Invitation au Voyage, ca t'aidera peut-etre a saisir ou je suis en ce moment, dehors, en pull (juste pour faire parce que sinon la plupart des gens est en chemise)... »

« Tu pourras meme tirer une breve de ce mail... genre venere, meme que t'as envie de taper un pote... »

Signé Alexis.



Bien bien bien. Je reçois ce mail alors que je retape une conférence intitulée « L’histoire des idées est-elle de l’Histoire ? », le stress des partiels se faisant un peu plus précis tous les matins, et que ma patte folle m’élance malgré le gel visqueux et puant que je prends soin d’appliquer toutes les 3 h sur mes pauvres tendons endoloris. Tout cela alors que je fête mon treizième jour de béquilles.

Quels enseignements en tirer ? Tout d’abord que la Grèce, charmant pays toutefois cruellement sous-développé par la faute de la paresse légendaire de ses habitants plus ou moins orientaux – qui préfèrent bronzer 12 heures par jour et s’enivrer d’alcool de ragondin des mers à 97 degrés au lieu de bosser à la chaîne chez Renault pour toucher à peine le smic comme n’importe quel ouvrier sain de corps et d’esprit – possède des claviers de pauvres, que leur mesquinerie a poussé a ne pas équiper d’accents afin de faire des économies sur les touches. C’est révoltant.

Mesquinerie légendaire qui les pousse à tirer profit de la moindre occasion pour réduire les dépenses, surtout depuis le refus de l’Union Européenne de reconnaître « les olives et les petits cailloux blancs » comme nouvelle monnaie officielle. Bien tenté les gars, mais je vous l’avais dit que ça faisait pas sérieux un dossier sans accents, sans parler des taches de gros rouge... Ah là là, ces Grecs, ils sont un peu patauds mais vraiment attachants. Par exemple Alexis. Bon. J’ai pas de meilleur exemple sous la main, on va se démerder avec. Bon, eh bien depuis qu’on l’a adopté, on en est très contents… Il a juste fallu un peu de temps pour lui apprendre les notions élémentaires de vie en société (ne pas baver sur les robes des filles, boire la bière à la pinte plutôt qu’au fût…) mais il a très vite appris. Par contre pour le bronzage on a rien pu faire, malgré des années d’exposition à son nouveau climat. Mais on le garde quand même, vous savez ce que c’est, c’est toujours au moment de le ramener à la boutique (il rentrait pas dans le sac plastique, et en plus la rivière était gelée) qu’on se rend compte qu’on s’y est attaché…

On n’est pas des monstres non plus. Parfois on le laisse repartir dans la vraie nature grecque, celle qu’on ne trouve plus que dans ces contrées poussiéreuses où s’exhale le charme discret du tiers-monde, pour qu’il gambade un peu dans l’herbe – pardon, les petits cailloux blancs – et fasse des petits à droite à gauche. C’est le cas en ce moment, on bosse sur un joli croisement ; les petits s’annoncent très mignons. Parfois on se demande ce qu’il peut bien penser lorsqu’il se roule dans le sable de la plage avec elle, la truffe au vent et l’œil humide… Peut-être bien qu’il est mieux là-bas après tout, que ça ne sert à rien de s’acharner à l’enfermer dans nos appartements trop étroits, dans notre ville trop grise…

Ben non Alex, j’ai pas envie de taper un pote. Juste de pouvoir encore jouer à la baballe avec lui les vendredi soir et épancher sa soif le reste de la semaine, avant que l’appel de la forêt ne me le reprenne pour de bon. Allez, bise sur la truffe, reviens en forme.












Eul' bon vieux temps, part one up



Parfois le passé vous retombe sur le coin de la tronche avec un surprenant manque de fair-play. Pourtant je suis censé rédiger la première partie de mon goddam mémoire pour la fin de la semaine, c’est dire si ce n’était pas le moment. Ca s’est passé ce matin : je cherchais un câble de rechange pour relier mon pc à mes enceintes. Bon, truc de fou malade, déjà. Hé bien paf, qu’est-ce c'est-y qui me tombe sous la main dans le placard ?

Mon agenda de Terminale L. Pffffiou, année scolaire 2001/2002, un grand cru.

Je précise tout de suite : il y a de fortes chances que cela ne fasse marrer que mes gens à moi. Mais par contre, bien comme il faut.

Allez, on enfile la combi spatiotemporelle (il nous manque le son ; imaginez un bzzzzzz, voire un frrrrrrrschhhh, ça ira très bien ; le fgfgfgfgfg est à proscrire, malheureux, tu aurais l’air bien trop con).

Bon, précisons d'emblée : très très très peu de travail. Genre une petite annotation de temps en temps, deux ou trois jours par semaine ; la TL, quoi. Du coup il restait plein de place, c’est pas notre faute. Morceaux choisis.




9 septembre : en énorme, les paroles d’un couplet de « Darling faisons l’amour ce soir » des Poetic Lovers, histoire de bien baptiser cet agenda ; ça ressemble fort à ton écriture, Arnaud. Si si, toi là, dans le fond, essaie pas de te cacher.




12 septembre : «Photo individuelle ! Penser à dormir plus de 4 heures. Tu peux le faire.»




16 septembre : les paroles de Stopped da way de Black Bomb A, un groupe de punk-hardcore-brutal dont le double chant surbourrin berça mes années lycée. Toujours sympa à réécouter aujourd’hui.

De nombreuses citations de ce même groupe réparties sur toute l’année, en très mauvais grafs.




22 septembre : Une photocopie couleur de la cover de Issues, de Korn, hééé oui.




23 septembre : Une blacklist écrite à trois mains (Dav ? Arnaud ?), avec des surnoms tellement méchants que je n’ose pas en réécrire un seul ici. Bon allez, juste « Tétard à hublots » et « Grille-pain ». Oh, et puis « Cyranette », aussi. Le reste coûterait un procès tellement c’est… oh là là, non, pas moyen.




25 septembre : En énorme, Léa m’informe qu’elle a « choisi la bande à Jésus ! ». Merci Léa.




23-24 octobre : la tracklist d’une compilation métal que je comptais enregistrer. Attention souvenirs : Korn, Limp Bizkit, Deftones, Slipknot, Nine Inch Nails, Marylin Manson, Black Bomb A, Enhancer, Cradle of Filth, System of a Down, Gronibard (ça existe), Static-X…




30 octobre : plan d’une dissert en anglais, que notre chère Mme Barra avait donné une semaine à l’avance. Personne n’aurait été assez fatigué de la vie pour courir le risque de ne pas faire le travail donné par Barra. Personne.




18 novembre : « Death puts the seeds in me / Plants this dying tree / She’s a burning string / I am just the ashes » (Marylin Manson).

Putain, ça allait fort.




19 novembre : « Qu’est-ce que l’idée chez Platon ? »

Tiens, du taf.




24 novembre : une pétition pour inviter les heureux membres de la blacklist à la prochaine édition de Battle Royale. Le film nous avait donné des idées. Jamais concrétisées, dommage.




28 novembre : « Oral d’Italien ». Sur toute la page : « Misère, misère, misère, misère, misère, misère, misère, misère, misère, misère… »




9 décembre : les paroles d’un couplet de « Demain c’est loin » de IAM, écrites par Arnaud pour me démontrer par A+B qu’il y avait bien mieux que les lyrics de Black Bomb A. Le simple fait d’avoir un jour pensé le contraire me fait frissonner.




10 janvier : probablement écrit en étude, « SILENCE, JE TAFFE (SI, SI) ». La réponse juste dessous : « Grocon. »




19 janvier :

« Zamba é o senhor da guerra

Zamba é o senhor das demundas

Quando Zumba chega

E Zumba manda

BOU ! ! »

Ne prêtez jamais votre agenda à un portugais. C’est Soulfly, non ? ? ?




4 mars : « Anglais : compréhension globale + préparer speech sur Ellis Island + cacher sa putain de joie débordante »




16 mars : « Vas-y, mange ta soeur, toi »




5 avril : Une jolie citation de Marylin Manson : « I wasn’t born with enough middle fingers ».




3 mai : Ecriture d'Arnaud : "Tu kiffes les bourrelets de sous-tif j'suis sûr..."

La mienne : " Non, plutôt le cou de dindon déplumé. Quoique. Ces épaules, ce maintien d'une guenon bourrée à la vodka, ça me fait quelque chose..."

A : - "Tu bouffes chez oim ?"

M : - "Yep. T'as pas oublié sinon ?"

A : - "Quoi ?"

M : - "Pas gravage = pas pinceau magique"

A : - "C'est bon t'inquiète"


Qui pouvait bien être devant nous ? Le problème c'est que j'hésite entre une bonne dizaine de personnes répondant très exactement à cette description. Hé hé.




Souvenirs, souvenirs... mais le plus réjouissant est dans l'épisode deux.



avril 2007








Eul' bon vieux temps, part two up



Le meilleur pour la fin : du 27 janvier au 8 février, l' espace réservé aux Phrases du Siècle (ce qui était plutôt pratique étant donné que ce siècle avait un an, comme dit l’autre). Alors, comment dire : mot pour mot. Merci, mais alors du fond du cœur, à notre prof de philo pour sa brillante et abondante contribution ; il s’appellera ici The Dude, parce que. J'ai dit : parce que.

Il y a au moins quatre écritures différentes, j'imagine que ce sont celles d'Arnaud, Dav, Alexei plus la mienne. En tout cas merci pour cette grosse barre dans ma piaule, cinq ans plus tard.






« Imaginez, je fais chauffer de l’eau, et j’obtiens une girafe… Ce serait n’importe quoi ! »

The Dude




« (Notre prof de lettres) : - Mais est-ce qu’Œdipe était dans son droit, lorsqu’il a tué Laïos ? »

Marco, un gars qui ne faisait même pas exprès : Euh, ça dépend si il avait vraiment la priorité au carrefour… »




« Voir un petit caillou, c’est pas pareil que voir Dieu, vous comprenez ? »

The Dude




« Alors euuuuh, la pièce s’appelle Œdipe Roi, donc euuuuh Œdipe c’est le roi, hein, en fait… »

Alexei avec les yeux qui piquent, juste après le déjeûner, devant la prof de lettres médusée




« Vous comprenez Caroline, vous regarder, ce n'est pas comme regarder le panneau "Sortie – cour arrière"…»

The Dude




« Putain, j’avais jamais vu ton appart comme ça Arnaud… »

Jérémy avec les yeux qui piquent, vautré la tête en bas sur le canapé




« Une pierre ne tombe pas malade »

Hegel (promis juré)




« Ouiiiii euh, l’Europe, en fait, si on considère tous les pays du bloc européen… Je vous préviens tout de suite, je ne sais absolument pas quoi vous raconter, mais l’Europe, si on y pense... »

Léa, débit TGV habituel, cours d’ECJS




« En physique quantique, je ne dis pas que le poisson est quelque part dans l’eau, je dis qu’il y a un champ de potentialité poissoneux ».

The Dude




« Bon, vous me faites cette interro ? Pendant ce temps, je vais faire passer l’oral aux ES »

Une prof d’allemand très optimiste




« Waaah, terrible… Il déchire ce mouchoir, mate, avec un soleil et des petits nuages… »

Arnaud, l'âme du poète




« Kant ne connaissait pas la FNAC, si vous voulez… »

The Dude




« Ooooooh… Il est troooop mignon »

Léa s’extasiant sur « le ptit bonhomme sur [son] portaaable, regaaaaarde »…




« Arnaud - Tout à l’heure on a maté l’intro de Final Fantasy X, trop beau quoi… T’as la bave aux lèvres…

Dav, en panique - Qui ça, moi ? (il s’essuie la bouche ) »




« Alors y a l’ignorance du passé, où il ignorait qu’il était ignorant, donc il était totalement ignorant. Et y a l’ignorance du présent, où il est conscient de son ignorance ; là il est ignorant, mais il le sait. »

Hanja (la pauvre)




« Ah ouais, un string moulant quoi… »

Edouard-de-l’étage-du-dessus




« Linkin’ Park, c’est le Big Mac du métal »

Luc, déjà si Luc




« On y retrouve bien entendu les deux partis qui constituent le tripartisme »

Une prof d’histoire-géo calamiteuse




« Luc : - Caroline c’est une paumée, elle regarde le Loft…

Caroline - Ben toi tu lis bien Nietzsche, t’as rien à dire… »




« Ca me rappelle ce poème, de Paul Valéry, « Le cimetière marin »… Vous savez de quoi il parle ? De la mer… »

The Dude




« The Dude : - Mais enfin Caroline, c'est une boutade...…

Caroline : - Ouais... ben celle là elle était pas drôle en fait. »




« Arnaud : - Ah ouais ? C'est pas mal Henri Salvador...

Moi : - Mouais... dommage qu'il soit tombé dans le commercial

Arnaud : - Parce que Korn c'est pas commercial c'est ça ?

Moi : - Ben non, Korn ils font juste leur truc quoi... »




« Un être humain, je veux dire, ça ne se coupe pas en deux... »

The Dude




« L’Histoire ce n’est pas fini de terminer, si je puis dire »

The Dude




« Allez, abordons donc ce texte, histoire de nous dégourdir les jambes philosophiques… »

Le seul l’unique, The Dude




« Le grand truc de l’Histoire, c’est qu’il y a un avant et un après… »

Le grand, le magnifiscent The Dude




« Eh, mais c’est très philosophique, Tintin ! »

L'ultime, le surpuissant The Dude




« - Un prof : En Allemagne de l’Est, les voitures elles sont en carton et en papier mâché…

Marco, 100% sincère - Ah bon ? ? ? »




« Le pape n’est pas marxiste, c’est incontestable »

The Dude




« Mais laissons là ces boutades métaphysiques »

The Dude, à jamais dans nos cœurs




C'est tout. Merci encore. Je vous préviens les gars : le premier qui vieillit, j'y casse sa gueule.



avril 2007








Grosse hyène représente up




Deux magnifiques phrases de la semaine à mettre à l'actif de Laurent. Je l'ai pas pris en traître : je me suis immédiatement levé pour prendre note de la première, que j'étais encore en train de savourer lorsque fusa la seconde. Comme le dit Laurent, « C'est bas, tu sors complètement la phrase de son contexte là ! ». Eh ben justement, c'est ça qu'est bon... Indication de ton par contre : quatre binch' du soir, conversation au taquet avec Luc.




« Non mais t'imagines comment un CORPS, avec à l'intérieur de lui un ARBRE, a pu un jour se retrouver avec des YEUX ? »


 « Et puis pareil, pourquoi on a pas un pouce opposable ? »



Merci mec, du fond du coeur. Gnarrrrrrk gnarrrrrk gnarrrrrrk.



septembre 2007








up

Ce soir sur Pershing, j'ai pas pris le moindre but. Yep. Pas une seule relance molassonne sur l'avant-centre adverse. Pas une seule sortie à contretemps. Pas un seul cafouillage sur les rebonds capricieux du ballon, si fréquents sur ce putain de champ de mines terrain. Pas un seul retard sur les frappes à ras de terre, pas un seul placement "portes ouvertes" sur coup de pied arrêté, pas un seul autogoal du genou !

Je, euh, je jouais pas. J'étais blessé. Ca aide un peu, j'avoue.



avril 2007








Hadrien : s'il fallait n'en retenir que trois... up


"- Non mais le mec il a un Ibook, quoi, il est un peu au sommet de la pointe..."


"- Ce soir-là je pourrai pas, je serai à un concours de cuisine avec mes deux soeurs. (...) Ouais, ben je peux te dire qu'avec mon gâteau aux chips, l'autre elle pourra rouler tous les nems qu'elle voudra, elle a pas une chance !"


"- Eh mais mec, tu sais que ça existe quasiment plus les vers de terre !"






up


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