22/08/09

 

Pas de retour aux pages Nord, finalement. Mais j'ai découvert d'autres locales, de merveilleux secrets enfouis au plus profond des classeurs. Dont... j'ai du mal à m'en remettre... un mec... qui... glups... essaie de faire passer des articles sur, euh... lui-même. J'en ai un là, qui s'appelle « Correspondant, mais jardinier ». Alors bon, le plan de l'article, en gros :

1 ) Rappel de la mission divine d'un correspondant local..

2 ) Résumé de la vie de l'Auteur, des bancs de l'école jusqu'à la retraite. A la troisième personne, mais oui Madame.

3 ) Interview de l'Auteur par lui-même. Je cite. Je devrais pas, mais je cite :

'' Correspondant depuis 33 ans il a toujours gardé un pied dans le jardinage. Le jardin familial il l'a toujours entretenu pour assurer le panier de sa famille. Il explique « j'ai toujours assuré la production des principaux légumes pour le ménage, nous étions 6 à la maison. Les lapins, poules, pomme de terre, poireaux, carottes, salades, choux verts, haricots verts et blancs, radis... Et les tomates. Cette année c'est la première fois que je récolte de telles tomates. Une de 650 grammes, et 600 et 450 grammes, de quoi faire de belles tomates farcies. Elles sont naturelles et non bio ».''

4 ) Photo : le correspondant accroupi face à l'objectif, avec deux tomates dans les mains. Légende : « les belles tomates du correspondant ».


Mince, je me sens... fatigué. De chez huit jours, putain huit jours.

 

 





 

20/08/09

 

Je suis brisé. Humilié. Je me sens sale.

Ca s'est passé dans la cave.

 

 

Oui, la cave, au service des Sports. On m'avait dit, « tu t'occuperas de ces pages  ». Moi, pas chiant, j'ai répondu oui, comme si j'avais le choix.

Il m'ont passé une chaise. Je me suis assis sagement, naïvement, encore inconscient des horrifiantes abymes dans lesquelles je m'apprêtais à plonger.

Jamais je n'oublierai. Jamais. Ils ont allumé la télé. Et je... j'ai vu... oh mon dieu...

Vannes – Nantes. Troisième journée de Ligue 2.

 

Forcément, j'ai tenté de fuir. Mais ils avaient attaché mes lacets, j'avais pas une chance. Et j'ai payé cher ma tentative d'évasion.

They made me watch. They made me waaaaaatch.

3e minute : un attaquant nantais rate sa passe, la défense vannetaise dégage à l'arrache plein axe, tête d'un Nantais dans le paquet, dégagement foiré qui retombe cinq mètres plus loin côté gauche, le latéral tacle dans le vent, Nantes récupère, centre dans le paquet, dégagement de la tête plein axe, Klasnic reprend du plat du pied, but.

9e minute, faute de Maréval (nantais), jaune. 13e minute, faute de Maréval, rouge.

74 minutes d'attaque-défense à 10 contre 11 avec dégagements du poing de Kaménar, je crois que j'ai pleuré à un moment donné, je ne sais pas, je ne sais plus.

87e minute : relance nantaise foirée, passe d'un Vannetais, plat du pied, égalisation.

Je me relève, groggy. Je me dirige en titubant vers l'escalier pour retourner à l'étage. Dans mon dos, quelqu'un soupire : « Putaaaain, faut qu'on se rachète contre Istres dans 3 jours... »

Istres. Dans 3 jours. Je n'aurai jamais repris assez de forces. Je suis foutu.

 








17/08/09

Je vais poster au fur et à mesure, tous les deux-trois jours, dans le but avoué de faire un peu de clics et de vous habituer à revenir de temps en temps, maintenant que j'ai repris les affaires. Bises à tous mes Parigots, mes Nordistes / Bretons / Sudiste (vivante ?) / Angliche (du côté de Paris en septembre ? tu manques depuis tout ce temps, jeune cabri fougueux - oui c'est bien toi - même chose pour le reste des Zèbrounes).

Encore une semaine de taf' et je pourrai revenir à une vie presque normale, sans 3 cols 150, QPV, photolégendes Gab4, 24 express, balcons, récits photo 4 clés, allô rédac de la Valette vous pouvez me réduire l'ouverture 5 cols de 4 modules, ouais ouais, en lignes ? ben ça nous fait 4 fois 3 fois 5 = 60 lignes, hein quoi, en signes ? comment ça en signes, mais je sais pas moi, faites ctrl-J un peu comment vous voulez que je vous dise ce que ça fait en signes bordel de...

Enfin ouais bref, ça esquinte.

Allez, à vite. Enjoy.

 


 


Regardez, là-bas !


Mais qui est cet homme dont la fière silhouette se détache dans la nuit, scrutant l'horizon du haut de son VTT d'occasion, arpentant les rues de Nantes le regard rougi par huit heures de PC en salle de rédaction, le portable accroché à la ceinture crachant à fond un refrain de Maiden ?

Non, ce n'est pas un humain, ce n'est pas possible... Il n'est pas de ce monde, l'aura de sa cosmo-énergie est bien trop puissante... Est-ce un ange ? Est-ce un démon ?

Oh mon dieu ! Regardez son armure !





Eh ben si. La gueule des gens dans le métro lorsque je suis repassé à Paris, je vous raconte pas.

 


 

Putain. Non mais putaaaaaaaaain. Je le crois pas. C'est ça qu'on me demande, là maintenant tout de suite ? De rester de marbre ? Insensible ? De ne pas céder à la tentation ?

Non mais vous déconnez... Honnêtement, c'est juste impossible. Je peux PAS résister, personne ne pourrait. Alors pourquoi ? Pardon ? Mon avenir ? Ah naaaaaan, mais je veux dire, regardez un peu le truc. Faut être taré pour le laisser passer.

Sérieux. Le bled dont parle l'article s'appelle Puceul. Ca commence bien, déjà. Là-bas, tout le monde se prépare pour une course de vélo qui va réunir tous les coureurs du canton. Dont le club local, donc :

« La Pédale ». Mince. « La Pédale puceuloise ». Faut le faire exprès.

Devant moi, j'ai une photo avec huit cyclistes en maillot ultra-moulax, en train de se tenir par l'épaule en se jetant des oeillades complices, avec tout plein de badauds plantés derrière eux pour avoir leur tête dans le journal. Et vous me dites que je peux pas ? C'est ça ?

Je peux vraiment pas mettre en légende « Dans cette ville de Puceul, à l'approche de la compétition, on est un peu tous de la Pédale  » ?



Monde de merde, tiens.

 


 

Lightaz' ! Lightaz' !

 


 

« Holà. J'ai un titre de cinq lignes, c'est normal ? »

« Mais qu'est-ce que... Je comprends rien à sa phrase, là. Mais c'est.. c'est juste incompréhensible son truc. Il parle de quoi son article au juste ? »

« OK. Je crois que j'ai pas reçu la bonne photo. J'ai un article sur une fête en l'honneur de la Polynésie, et la photo c'est... c'est deux gars en train de manger un sandwich à côté de leur moto sur un parking. Hein ? Vous êtes sûrs, c'est la bonne ? 

« Ah, pas mal le titre de l'article : '' 52 nids de cigognes, dont 12 ''. Si si, '' dont 12 ''. Eh mais, c'est toujours le même correspondant depuis tout à l'heure... C'est qui ce mec ? Jean-Pierre L... ? »

Lundi 10 août. Il est stagiaire. Il est nouveau. Fatalement, il s'est fait refiler les pages Nord, et fatalement, il n'a pas tardé à découvrir le célèbre Jean-Pierre L..., figure légendaire de tous les SR passés par la rédaction depuis 6 ans. Un bizutage à lui tout seul, puisqu'il contribue aux ¾ des pages Nord. Une force de la nature, capable de pondre cinq articles par jour... Et chaque fois des chefs-d'oeuvre.

Des titres interminables et/ou tronqués en plein milieu. Des fautes de frappe sur la moitié des mots. Attention, je me moque pas, je ne parle pas de fautes d'accord, ou de fautes d'orthographe... Je parle de ''toyrnois de pétnque organisés pas l'assciiation des aNciens combattznts'', par exemple. Il suffit de visualiser le mec en train de taper son article avec le correcteur d'orthographe au bord de la surchauffe, en train de saturer son écran de rouge... De l'imaginer relire son papier, se dire ''Meuh ouaiiiis, allez ça passe'' et de l'envoyer avec un rictus au coin des lèvres, pour comprendre que Jean-Pierre L. est tout simplement diabolique.

Jamais de virgule. Ou alors si, juste après le sujet de la phrase, avant de se lancer dans une tirade de six lignes où l'ordre des mots semble avoir été inversé d'une façon impitoyablement réfléchie, planifiée.

Les plus grands psychopathes de l'histoire de l'humanité se sont tous trouvés une signature, un vice qui n'appartenait qu'à eux, qui les plaçait au-dessus de la mêlée des névrosés ordinaires. Eh bien lui, son truc, c'est les cigognes. Il ne se passe pas une semaine depuis six ans sans qu'il ne réussisse à placer un article sur les cigognes. Souvent, plus vicelard encore, il s'agit d'une simple allusion dans un article qui n'a strictement, mais alors strictement rien à voir. Le problème, c'est que chaque été, se déroule une Fête de la cigogne dans une des villes du secteur. Il pondra systématiquement une bonne douzaine d'articles sur cette fête. Genre trois avant-papiers un mois à l'avance, deux autres à l'approche de cet événement planétaire... Et dans la semaine des festivités, oh mon Dieu... C'est une pluie de cendres et de feu qui s'abat sur les pauvres SR, fébriles et tremblants à la simple idée de consulter le classeur où sévit le machiavélique, l'ignoble, le fourbissime Jean-Pierre L.

Je ne m'occupe plus de ces pages depuis trois semaines, ma très relative ancienneté aidant. Mais l'heure approche. L'un des nouveaux stagiaires finira par récupérer les pages Métropole. Puis, le temps aidant, les pages France-Monde. Et je finirai fatalement avec une dernière semaine 100% pages locales. Et un après-midi funeste, mon responsable s'approchera de mon bureau et prononcera les mots de mon ultime sentence : « Sois fort, petit homme. Tu as prouvé ton sang-froid, et il est temps de descendre à nouveau dans l'arène pour montrer ta vaillance face aux forces du Mal. Notre peuple compte sur ta bravoure. Bon allez, deux pages de Nord-Ouest, trois de Nord-Est. T'as de la chance, L... est en grande forme, il a rempli les classeurs. »


J'ai peur. J'ai faim. J'ai froid.









15/07/09


Sauf que cette fois, ça marche.

« Une belle photo, c'est déjà la moitié d'un bel article ». Mantra n°247 du journaleux. Et lorsque les correspondants locaux s'en chargent, c'est un festival.

Je comptais faire une sélection des photos les plus mémorables reçues pendant mon stage, mais je crois tenir LE cliché vainqueur, au bout d'à peine deux semaines. J'aurai tout simplement pas mieux.

On n'est jamais trop prudent : www.beubarzone.com/(les quatre derniers chiffres de mon numéro de portable).rar








14/07/09


Paris, Mouffetard, rue Descartes, le Mayflower.

Delirium, Cuvée des Trolls... oh mon Dieu... de la Karmeliet les mecs, ils ont même de la Karmeliet.

Luc tend l'oreille. Soudain, son visage s'illumine : « - Eh mais putain, c'est... je rêve pas, ils passent du Anthrax ici ? »

 

Noooo place like home.








Deux rencontres, dans deux villes différentes... L'une à Lille, l'autre à Paris. Entre les deux, mon coeur balance et se déchire. Vous hantez mes souvenirs, et rien à faire, je ne parviens pas à vous départager. Souvent, je soupire en perdant mon regard parmi les étoiles de cet infini ciel d'été, ressassant votre souvenir d'une égale intensité.

Je suis perdu. Il me faut choisir.

Lequel de vous deux est le plus mauvais pickpocket au monde ?



A ma gauche...

Lille, sortie de concert à la Maison Folie de Wazemmes. Quelques coups dans le nez, à la même température que les gens dans les environs. Méfiançomètre à zéro, pas spécialement aux aguets, pas complètement sorti de l'ambiance du concert.

Place des Sarrazins, des terrasses de bars, et en retrait, un groupe de trois lascars d'environ 20-25 ans. L'un d'entre eux s'avance en titubant. « Hé ! Hé, mec ! Tu sais ou c'est, la rue Solférino ? »

Ben, vaudrait mieux : c'est un peu à deux rues de là, et c'est l'une des artères principales de Wazemmes. Donc je lui explique, c'est vraiment pas compliqué, plus ou moins une ligne droite sur 200 mètres. Le mec sort un plan, « pour être sûr ». Déjà, j'aurais dû me méfier. Mais bon, le gars est tout tranquille, doit peser 50 kilos tout mouillé, et a surtout l'air pas excessivement malin... Bénéfice du doute, donc. Je sais que c'est stupide. Mais bon, je sortais à peine d'une ambiance super conviviale, les terrasses autour de nous résonnaient des rires de gens heureux d'être là, il faisait bon, la vie était belle, enfin bref : j'étais bourré. Et ce gars encore plus que moi. Donc ça ne m'étonnait pas plus que ça qu'il ait du mal à se repérer.

Je lui montre sur le plan, il se place à côté de moi. Holà, c'est pas ma copine non plus. Je pivote pour qu'il reste en face, je lui remontre le chemin. « Ah ouais, d'accord. Mais c'est pas plus rapide si on passe par là ? »... Et il se replace à côté de moi. D'un geste bien pataud, sa main vient effleurer ma poche gauche.

Les deux sont vides de toute façon. Mais bon, je comprends enfin le truc et je m'écarte de deux bons mètres, plus surpris qu'autre chose.

« - Eh mais... t'as cru quoi ? » Je ne suis même pas agressif, juste incrédule. Je veux dire, il ne tient pas debout, c'est un poids plume, et même s'il tentait de se faire la malle, il ne ferait pas 10 mètres dans cette rue remplie de monde – une bonne dizaine de personnes l'ont vu faire et ne nous lâchent pas des yeux, d'ailleurs.

Je reste là à bloquer. Je me dis qu'il va se tailler quoi, il ne lui reste plus que ça à faire... Et là, brusquement, il s'avance vers moi, me lance « Eh, merci cousin, tu viens, on danse la Tecktonik ? », m'attrape par le cou en passant un bras autour de ma taille... et effleure la même poche que tout à l'heure, toujours aussi vide, sans réussir à y mettre la main, torché comme il est. J'ai à peine besoin de le repousser du bras, il recule de deux pas et manque de tomber à la renverse. J'hallucine, je cherche mes mots, j'arrive même pas à être vénère devant un mec dans un état pareil. Ses deux potes sont morts de rire : « T'es à chier mec ! Sérieux, comment t'es à chieeeeer ! » Il retourne vers eux sans rien dire, vaguement vénère. L'un des types me lance « Eh, excuse-le hein ! Bonne soirée mec ». Et ils se barrent en continuant à le chambrer.

 

 

 

A ma droite... Bon alors, autant le récit ci-dessus traînait sur une page depuis deux bons mois - comme 90% des brèves de ce site - autant celui-ci, je voulais m'en occuper immédiatement, le jour où ça m'est arrivé. Et puis non, la flemme, comme d'habitude. C'est désormais réparé. Le tout est rigoureusement authentique, je n'insisterai jamais assez.

Paris, il y a trois semaines - deux jours avant mon départ à Nantes. Je marche d'un bon pas, boulevard Sébastopol. Un grand gars, baraque, bonne tête : « Hé mon ami ! T'as une seconde pour les jeunes slammeurs de Paname ? »

Il a l'air cool, mais je connais le refrain par coeur, comme tout le monde. Je lui dis que j'ai pas une thune et que je suis à la bourre, ce qui est vrai. « Ben attends, attends, j'te parle deux secondes de notre projet, c'est quand même important de sensibiliser les gens... »

Bon, là, déjà, ça sentait l'embrouille. Mais je suis un peu lent comme mec, je vous apprend rien. Le gars sort de sa poche une liasse de vieilles feuilles chiffonées, des photocopies de textes tirés d'un bouquin quelconque, qu'il prend soin de ne pas tourner vers moi. A peine chelou.

Vaguement méfiant, je garde une main sur la poche qui abrite mon portable et répète que non, pas-le-temps-pas-de-thune-c'est-bon-le-slam-je-connais.

« OK, mec, pas de souci, peut-être à plus alors. Allez, on se checke ? »

Je le sens pas du tout ce gars, mais il fait un peu deux têtes et demie de plus que moi. Alors je checke, en surveillant bien sa main libre, ce dont il se rend compte. Soudain, il jette un regard ébahi par-dessus mon épaule, dans la plus pure tradition du « oh, derrière toi, c'est affreux ! ». Non mais sérieux. Je ne bronche pas, j'ai juste envie de me tailler parce que mine de rien, il commence à me stresser.

« - Attends mec, désolé, j'ai mal checké, on la refait. »

Putain, ça devient lourd. Il croit vraiment que ça va marcher la deuxième fois ? Je rechecke très rapidement, il refait le même regard, et je-me-taille. Mais il me suit, ce gros lourd... « - Ah ben attends, j'allais par là justement. » Je l'envoie chier, lui dit qu'il est tricard à deux kilomètres et que mes poches sont vides, justement pour éviter les emmerdes avec les gars comme lui. Je m'enflamme un peu, sacré moi : s'il m'en mettait une, je ferais trois tours sur place, vu la taille de ses biceps.

Mais il s'excuse, toujours suuuuper sympa, pas menaçant pour un sou. « - Ah c'est bon mec, sois pas parano non plus... » Mais je l'aperçois bien du coin de l'oeil, il reste à quelques mètres de moi, toujours dans l'angle mort.

Je presse le pas parce que mince, je suis vraiment à la bourre, et qu'il commence à me flipper un peu. En fait ce qui me gave, c'est que je ne vais pas tarder à tourner vers les petites rues, celle de Montmorency par exemple. Et une fois dans une rue déserte, s'il lui vient l'idée de me dépouiller, il ne me restera plus qu'à courir parce que je ne risque pas de faire sentir grand chose à une baraque pareille. Pour le moment, on joue le jeu chacun de notre côté, faussement naturels.

Joie ! Pour la première fois de ma vie, je suis soulagé de voir une camionnette de flics, garée juste là, le long du trottoir de la rue des Ours. Un mec d'environ 25 ans, en uniforme, attend devant le véhicule vide. Je pile à sa hauteur et me retourne vers mon stalker : « Bon allez, on se dit au revoir ici je crois ».

Et là, je réalise qu'il n'est pas juste con, mais en réalité particulièrement cramé : il ne bouge pas, et continue son numéro comme si de rien n'était alors qu'on est à trois mètres du flic... Il fait encore mine de vouloir me checker, je reste impassible. Alors il se touche soudainement le sommet du crâne, puis me touche le bras, et me refait le coup du regard par-dessus mon épaule, mais cinq fois, six fois de suite, à toute vitesse, sans cesser de parler et de répéter qu'il est désolé, qu'il a juste un tic, que c'est très embêtant au quotidien, qu'il est vraiment, vraiment, vraiment désolé. Médusé, je repousse régulièrement sa main - je devrais dire sa patte d'ours -, mais il continue ce con...

Le flic s'approche, demande ce qui se passe, le mec lui dit bonjour mais ne s'interrompt pas une seconde pour autant ; son crâne, mon bras, regard par-dessus mon épaule. Bon, ça devient n'importe quoi cette histoire. Mais le flic reste planté là ; genre le mec le plus mouuuuu du monde. Alors je lui explique que ce gars a manifestement un problème, qu'il me soûle depuis un bon moment déjà. « Ben, il ne vous a pas agressé non ? Rien volé ? Ben j'ai pas de raison d'intervenir alors moi, Monsieur... ».

On reste plantés là comme trois cons, quelques dizaines de secondes encore. Le gars s'enfonce dans son mytho en répétant toutes les deux secondes qu'il a un tic, je continue à lui répéter de lâcher l'affaire et de repousser sa main, encore et encore... Si je reste empêtré dans cette situation ridicule, c'est parce que je pèse le pour et le contre : j'ai de moins en moins envie d'aller me coller dans des ruelles désertes avec un psychopathe pareil sur mes talons.

Putain. Et ce grand ballot de flic qui reste là, à nous regarder sans rien faire...

Un jeune gars d'à peine 16-17 ans passe soudain à côté de nous, une sacoche en bandoulière... et accompagné d'un autre flic. « Je vous dis, c'est lui ! Il a essayé d'arracher mon sac tout à l'heure ». Le psycho ne bronche pas, se tourne à nouveau vers moi, tourne la tête vers les deux flics, et me lance : « Bon allez mec, on se checke alors ? » Je le checke mécaniquement, totalement blasé par cette situation à la con... et soudain, il tourne les talons et se barre en courant.

Les flics n'esquissent pas la moindre réaction. Je me tourne vers eux, tout comme le ptit jeune, aussi ébahi que moi face à leurs réflexes dignes d'une huître sous crack. Ils arborent l'expression... Comment dire ? Si, en fait je sais : c'est très exactement l'expression ach'm'ent concernée du mec qui se les gratte en jogging, affalé sur son canap' un dimanche soir devant un match de foot en attendant le livreur de pizzas.

Ils nous regardent, font la moue, puis haussent les épaules : « Bon, ben c'est réglé... il vous a rien pris, non ?








Mince, quel beau concept. Non seulement l'idée est terrible, mais en plus le mec le fait avec la manière : emails from an asshole.

Je vais maintenant accélérer un peu dans l'écriture de ma troisième nouvelle. A bientôt donc, le temps de. Je vais essayer de lâcher le récit à la 3ème personne, autant vous dire que je vais galérer sévère dans les premières heures d'écriture. Des bises, à bientôt.

 







10/07/09


Deille wane. J’arrive traaaaaanquille. Après tout, je connais déjà le taf... J’entre dans la salle de SR, tout jouasse, salue tout le monde, les têtes n’ont pas changé. Je suis en terrain connu. Je me pointe pééééépère devant la responsable du service, smack-ça-va-smack-ben-ouais-smack-et-toi-ça-va-smack-ben-écoute-tranquillement.

J’avais fini par choper mon bon petit rythme de six pages par jour, au terme de mon pré-stage d’avril dernier. J’aurai aucun mal à le reprendre, a priori. Je regarde le tableau d’affectation. Trois, quatre, cinq pages. Okay, c’est parti…

Eh mais. Là aussi j’ai des pages ? Et que, que, mais non quoi, là aussi ? Dix… Onze ?

Je retourne voir la responsable.

« Ah oui, c’est vrai que j’ai oublié de te prévenir quand on s’est parlé au téléphone. C’est plus chargé en juillet-août. Forcément, y a moins de monde… Donc là je te lance sur onze pages, mais à terme faudra plus que tu tables sur treize-quatorze. Ton poste est là-bas, bon courage… »

Pas pleurer. Nan nan nan, grand garçon, Beubar, pas pleurer.

J’en fais huit, et je finis sur les rotules à 23h40. M'effondre comme une masse à 1 h du matin, juste après avoir dîné d'une boîte de thon mélangée à un plat de pâtes préparé à l'arrache.

Mon été est lancé. Joie, fête, Lexomil.






Ma petite maman chérie, mon petit papa aimé, mon tout petit frère que j'ai pas.

J'espère que vous n'êtes pas déjà en route, rapport à la lettre que je vous ai envoyé hier soir. Je veux dire, je vous ai un peu supplié de venir me chercher et me ramener à la maison, c'est vrai. Mais ça va mieux, le travail a un peu évolué et, comment dire, je, j'ai un peu exagéré sur certains points.

Je veux dire, les rédacteurs ne débarquent pas vrrrrraiment avec de grands fouets cloutés pour accélérer la cadence à l'approche du bouclage. C'était juste une façon de parler.

Bon, même chose, je suis pas vrrrrraiment obligé de passer la journée avec une boule de plastique rouge encastrée dans la bouche pour éviter les bavardages. Et les stagiaires ne travaillent pas vrrrrraiment suspendus au plafond par une chaîne passée dans l'anneau de leur percing aux tétons. J'ai un peu forcé le trait, j'avoue.

Au contraire, ce serait même un peu la teuf, depuis que je peux m'occuper des pages d'actu France et internationale avec un autre stagiaire – un gars à la cool, ce qui ne gâche rien. Organisation des pages, choix des infos, et on remplit avec des articles AFP que l'on retaille et restructure version Nous qu'on choise™, pour virer les répétitions et garder l'essentiel. C'est la récompense de fin de journée, de 20h à 23h30.

Parce que oui : maintenant, je finis mes 9 pages à 20h. Je me doute bien que tu t'en tapes avec la dernière énergie, ami lecteur, n'empêche que je suis super fier. Ma vie est trop chouette en ce moment, avoue.

Faut dire que pour terminer mes pages d'actu locale aussi tôt, j'ai une astuce qui fonctionne à coup sûr. Im-pa-rable : je prends pas de pause de la journée, sauf pour aller acheter mon dîner en fumant une clope sur le trajet. Pas con le mec.






La corbeille sous mon bureau, en fin de journée :

- 3 gobelets de café

- 1 canette de Coca

- 1 canette de Schweppes citron

- 2 emballages de mini-brownies

- 1 cup en carton Mezzo di pasta + 1 mini-flacon d'huile d'olive

- 1 Snickers

- 1 emballage de sandwich suédois thon-crudités

- tiens... je l'avais oublié ce Twix.


Non, mais ouais. Je veux dire, je viens en vélo quand même, c'est du sport.






Le sens du titre, on l'a ou on ne l'a pas. Moi, j'ai pas. Enfin, sauf si vous cherchez quelqu'un pour commettre des titres désespérés du genre « Coup de chaud sur le circuit des Fresches ». Oui, j'ai fait, et oui, j'ai honte.

Je suis jaloux : à l'étage, y a un mec qui fait ça toute la journée, trouver des titres. Le genre qui calme. Je te me le chope au vol, alors qu’il traverse la salle en coup de vent.

Parce que là c'est obligé, je vais le coller le mec.

« Dis-donc François, tu pourrais m’aider sur un titre ? J’ai un papier un peu chiant là, sur la mairie de Trévignac, qui a signé une convention avec six associations locales de défense de l’environnement. Ca fait dix minutes que je gal… »

« - Un engagement durable. A ton service. Hé dis-moi, Nadine, c’est toi qui t’occupes de la 22 ? »

Il a pas le droit. Pas à chaque fois, putain.










26/06/09


Pas mort ! Du neuf, dans les prochains jours. Et même une nouvelle, pour un peu plus tard. Du poème ultra-lyrique, du suspense, de l'émotion, des Mars glacés, que du bonheur quoi. Mais euh, seulement dans une semaine parce que là, je finis un mix électro / donne des cours de français pour le bac / enchaîne les épisodes de The Wire et les pauses bronzettes-bouquinage.

Bref, je profite un peu des vacances avant ce nom de nom d'crévindieu de stage de deux mois pendant lequel j'aurai tout le temps d'écrire, pour ce que j'aurai à y foutre tant le calme et la sérénité estivaux de la ville de Nantes sont propices au recueillement.

A bientôt sur ce site, donc. Bonnes vacances, pour ceux qui.












04/06/09


Alors là, non. Juste, je dis non. Je pense pas être contrariant comme mec. Mais là, ça commence à sentir le foutage de gueule, cette histoire.

Je me lève pas demain, et puis c'est marre.














31/05/09


Mon tout premier rêve en arrivant à Lille. Un de ces cauchemars à la con dont j'ai le secret – si j'avais le courage de prendre des notes au réveil, je vendrais trois scénarios par mois à Hollywood, vous n'avez pas idée.

Ce rêve, c'était il y a pffffiou, déjà huit mois... Je peux le sortir du placard maintenant, y a prescription.

 

Je suis assis dans un bus. Je ne sais pas vers où il se dirige. Au-dessus des fenêtres, un plan de ligne illisible, avec des dizaines de stations dont le nom est écrit dans une police minuscule. Je regarde autour de moi, pas de visage connu. Les gens fixent le vide avec l’air de ne pas être là. Aux arrêts, personne ne descend, personne ne monte. Les gens disparaissent et apparaissent, comme des hologrammes.

Ca dure quelque temps. Je me lève, j’essaie de décrypter cette saloperie de plan, mais je n’y comprends strictement rien. Les lettres dansent devant mes yeux. Je regarde par la fenêtre : des champs. Ou plutôt UN champ, toujours identique, absolument plat, d’un jaune désespérément uniforme.

Impossible de savoir ce que je fous ici, mais une chose est sûre : c’était pas prévu. Je devrais pas être là, il y a erreur, j’ai du avoir un moment d’absence. Faisons semblant de rien, descendons à la prochaine station, tout va bien se passer. Je vais prendre la ligne dans l’autre sens et me barrer, direction la maison, parce que c’est vraiment n’importe quoi cette histoire.

Un arrêt. Je descends. Je suis le seul. Je cherche immédiatement du regard l’arrêt correspondant, de l’autre côté de la route : rien. Mais alors, de chez : la route à perte d’horizon, et toujours ce putain de champ. Sauf derrière moi... Du côté de la route où je suis arrêté, une forêt surgie de nulle part, qui n’était pas là trente secondes auparavant. Je me faufile entre les arbres, et je débouche sur un chemin. Il s'étend à perte de vue, bordé de mansardes en bois. Pour l’instant je ne vois personne, mais je ne suis manifestement pas entré assez profondément dans le village. Bon, je marche encore un peu... Il y aura bien un mec dans ce bled pour m’expliquer comment prendre le bus dans l’autre sens et me tirer d’ici.

Très vite, je ressens une gêne. C’est bizarre ici. Je ne saurais pas expliquer pourquoi. Ces maisons aux volets clos, cette rue déserte… Soudain, je débouche sur ce qui ressemble à la place principale du village. Un large espace à ma droite, je tourne la tête. Des gradins branlants, en bois vermoulu Totalement vides, à l’exception des vieilles du village regroupées dans les étages supérieurs. Elles s’appuient sur leur canne, courbées vers l’avant, semblant ruminer le poids des années. Le ciel est déjà un peu plus sombre que lorsque je suis descendu du bus, l’air est lourd, et le plus dérangeant de tout, c’est ce silence, un putain de silence venu d’un autre monde. Mal à l’aise, suffocant, je n'interpelle pas ces vieilles femmes. Je suis pétrifié à la simple idée de croiser leur regard. Elles sont laides, amorphes, vêtues de guenilles.

Un pressentiment, non, une certitude pure et simple : je suis revenu au Moyen-Âge en franchissant la forêt... Comment c’est la dèche. Forcément, pour rentrer, c’est bien parti pour que je galère.

Je tourne la tête vers la suite du chemin. En plein milieu de la voie, un mec sorti de nulle part remue un tas de terre avec sa pelle. Je m’approche, il fait mine de ne pas m’apercevoir et continue sa besogne. Mais c'est assez bizarre, il se contente de prélever un peu de terre, puis de la reposer exactement au même endroit. Tout cela avec l'air du gars absorbé par son travail.

Je m'avance vers lui, demande où se trouve la sortie. Il s'interrompt tout à coup, me jette un regard en biais, à la fois méfiant et inquisiteur.

« - Holà... T'es pas d'ici toi, mon gars. D'où tu sors ? »

Le ton est parfaitement calme, mais clairement menaçant. Je bafouille, j'ai un sale pressentiment. Faut pas que ces gens apprennent que je suis parisien, Dieu sait ce qui pourrait arriver sinon.

« - Ben je, euh... Je suis de Nantes. C'est ça, je suis Nantais. Et donc, ben, comment on fait pour se barrer d'ici ? Parce que je serais bien resté, hein, c'est pas que le coin me plaise pas. Mais je dois rentrer. Je suis dans la merde si je rentre pas, tu comprends ? »

« - Mais ouais, bien sûr ouais... De Nantes. Avec ton accent, t'es de Nantes. T'as une carte d'identité sur toi ? »

Mince. Je fais un pas un arrière, commence à m'éloigner, et le type crie un truc que je ne comprends pas. Je me retourne. D'où sortent tous ces gens ? Ces hommes m'encerclent progressivement. Ils lui ressemblent tous, et ils sont des dizaines.

« - Vous avez vu, il sort pas sa carte... »

« - Il se fout de nous. »

« - L'hypocrite... »

« - Ca sent le Parigot, je vous dis. »

« - Mmmh, ouais. T'as sans doute raison. »

« - Regardez comment il nous fixe avec ses grands airs, c'est obligé, c'en est un... ».

Je reste pétrifié, bafouille quelques protestations inaudibles.

Des bruits de pas, au loin. Lourds, très lourds, genre la scène du T-Rex dans Jurassic Park. Et soudain, la foule se sépare pour laisser apparaître un gars suuuuuuper moche, gigantesque, avec une immense fourche, le front bas, les yeux révulsés, pas franchement ouvert au dialogue.

Bon ben forcément, je cours, j'aimerais vous y voir, vous... Je remonte toute la rue du village, qui semble toujours aussi interminable. Soudain, au bout du chemin, j'aperçois ce qui ressemble à une vieille étable. J'ouvre la porte, la referme à la volée, pousse le loquet, m'assieds sur un tas de paille et attend.

Dehors, j'entends le gars pousser un hurlement carverneux, et les habitants se mettent à scander « Tue ! Tue ! Tue ! Tue ! »

Des coups contre la porte. De plus en plus fort. Le bois ne tiendra pas longtemps. Le type y va de plus en plus fort. Les premières planches commencent à craquer. Mais qu'est-ce que je fous là, je devrais être chez moi, tranquille, j'ai rien demandé à personne, moi...

 

La porte cède, je me réveille en sueur. Premère matinée dans mon nouvel appartement. Nous sommes en octobre 2008, j'habite à Lille depuis la veille. Je regarde par la fenêtre, le ciel est gris. Et meeeerde, il pleut. Va me falloir un petit temps d'adaptation.






Une semaine plus tard, j'ai remis ça. Mais alors cette fois, si quelqu'un parvient à en tirer ne serait-ce qu'une vague explication, je m'incline. Là encore, je n'ajoute pas le moindre détail. Mon pauvre cerveau malade a fait le boulot tout seul.

 

Je suis allongé sur mon lit. Soudain, je regarde par la fenêtre et me demande ce qui a bien pu arriver à l'immeuble en face de chez moi. Parce que bon, quelque chose cloche : il faisait trois étages la veille, j'en suis certain, faut pas essayer de me la faire. Et là, il aurait plutôt tendance à taper dans les quinze étages, il y a quand même un truc qui ne va pas.

Alors forcément je me lève, m'approche de la fenêtre, m'accoude au balcon et observe. Tiens... je distingue une forme à mi-hauteur. Où plutôt cinq... Mais qu'est-ce que... Oh mais non, quoi.

Des... des pandas ?

A eux cinq, ils forment une étoile parfaite sur la façade de l'immeuble d'en face, et progressent au même rythme : ils escaladent lentement les étages, tranquillement, sans se presser. Parvenus au sommet de l'immeuble, ils se postent debout, côte à côte, me tournant le dos encore un instant. Il y a un truc étrange au sujet de leur fourrure, mais je ne parviens pas à expliquer cette vague impression. Soudain, ils pivotent et me font face.

Je sursaute, terrifié. C'est comme si ils étaient en... en négatif. Leur face est d'un noir profond, où s'encastrent deux yeux rouges vif qui étincellent dans la pénombre du crépuscule. Leur gueule se fend d'un rictus malveillant, leurs babines se rétractent et laissent apparaître des crocs démesurés.

C'est moi qu'ils regardent. Je déglutis péniblement.

Ils sautent tout à coup dans le vide, fondant sur moi depuis le sommet de l'immeuble. Leur ombre me recouvre alors qu'ils fendent les airs dans ma direction, toutes griffes dehors. Je reste tétanisé.

Je m'entends murmurer : « Oh putain, non. Pas des pandas maléfiques. » Et je me réveille en sursaut.

 

Je cherchais désespérément une chute pour clore le récit de cet authentique rêve de psychopathe, quand à tout hasard, j'ai tapé à l'instant « dream of panda » sous Google – on est dimanche mince, c'est pas comme si j'avais autre chose à foutre. Et je viens de tomber là-dessus. Bon. Pour les pandas maléfiques, on repassera, mais c'est au moins un début.

Me voilà partagé entre : 1) la douloureuse révélation de mon égoïsme glacial et d'un sérieux excessif qui me pousse à refouler impitoyablement le joyeux petit enfant rieur qui sommeille en moi,

et 2) l'immense soulagement de pouvoir relativiser en constatant que certaines personnes rêvent carrément de hyènes, de morses, de kangourous, de loutres et de naaaaan, sérieux... de... d'huitres ?






J'ai mal au foot. Nantes descend, Paris foire l'UEFA... Ajoutons la présence hier soir d'un pote rennais (adios l'Europe + branlée mémorable face à l'OM) et d'une tchopine marseillaise (qui pouvait au moins se consoler en chambrant le malheureux susnommé), et vous aurez une idée de l'ambiance de mort qui est tombée sur notre ptit groupe hier soir, au terme de cette dernière journée de championnat.

Pour faire le bilan, les Cahiers du football ont eu une idée toute simple, et tout simplement géniale. En abscisses, le nombre de points. Cette petite anim' retrace la progression de chaque équipe cette année, de la 1ère à la 37e journée. Le sprint final de Bordeaux fait son petit effet, par exemple. Quant à la ligne consacrée au Paris-SG, c'est un vrai petit sketch à elle toute seule.













14/05/09


Yo tout le monde. Après une semaine plus que bordélique à Tbilissi, je suis revenu en France en début de semaine dernière. Nous préparons le montage du magazine, qui sera imprimé et distribué - enfin vendu, faut pas déconner non plus - à la fin du mois. Même que, eh ben j'ai l'équivalent de deux pages dedans, même que. Je vous aurais bien collé un lien vers les articles que j'ai publié sur le site pour vous donner une idée de ma semaine, mais plus ce blog reste anonyme, mieux je me porte. Il vous reste donc à taper le nom de mon école plus celui du pays concerné, et si vous trouvez le tout intéressant, ben je vous le dis sans détour : ce serait rudement chouette.

J'ai toujours pas de vie. Je vais bosser samedi et dimanche sur le montage, avec le lundi pour souffler... et profiter de ce temps libre pour écrire un article destiné au site web. Je ne vois plus grand-chose d'autre que les bars, les locaux de l'école et euh, les bars... Du coup, les idées de brèves manquent un peu. Je viens de commencer une nouvelle, que j'essaierai d'écrire en moins de trois mois cette fois-ci, pour changer un peu.

Voici donc ma - très - modeste contribution pour cette fois-ci. Si vous avez des idées à proposer, des liens, des vidéos, des textes, des chatons, vous n'hésitez pas. C'est pas l'envie qui manque, c'est plutôt une vie.

Bon allez, je vais me pieuter. J'me fais vieux vous savez : j'ai passé le quart de siècle il y a 5 jours, ça fait tout drôle. Manquerait plus que je mûrisse, ce serait la totale. De ce côté-là, heureusement qu'il y a disons, hum, encore une bonne marge de manoeuvre.

Ah sinon, pour ceux que j'ai eu au téléphone ces derniers temps, merci d'avoir demandé pour mes exams. Ca devrait plutôt bien se passer, puisque je euh, j'en ai pas. Les derniers de ma vie, c'était l'été dernier. En fait.

Mais merci de vous en être inquiété, hein. Et puis comment dire, bon courage... Non franchement, je compatis. Ca doit pas être facile, facile les nuits en ce moment. Ah là là, c'est bien simple : y a pas de justice. C'est comme ça, que voulez vous. Bon allez, c'est pas tout ça, je vais m'en redéboucher une, moi. A la vôtre, j'vous claque la bise.








Un pote, au restaurant.

« A l'époque, je bossais dans un hôtel, à Londres... J'étais réceptionniste, la nuit. Et donc ouais, une nuit, vers 4 heures, les portes s'ouvrent, et là je vois un mec à poil sortir de la cabine. Je veux dire, de chez à poil, avec les mains en coquille pour cacher le paquet. Le type tient à peine debout tellement il est torché, avance vers moi en titubant et m'explique qu'il dormait avec une fille, qu'il a voulu sortir pisser aux les toilettes de l'étage pour éviter de faire du bruit... Sauf qu'il avait pas pris les clés, et que pété comme il était, il a eu le réflexe de fermer la porte derrière lui. Je lui demande le numéro de la chambre : il se rappelait pas. Je lui demande son nom, il bafouille et me répond que ce n'est pas son hôtel, mais celui de la fille qu'il avait rencontré en boîte. »

« - Et le prénom ?»

« - Il était pas sûr.»






Je ne t'oublierai jamais. C'était une belle soirée d'avril, emplie de promesses de romance et d'éternité. Nous nous sommes rencontrés sur ce terrain de football, au pied de Grimonprez-Joris. Je suis entré sur le terrain, et j'ai de tout de suite remarqué ta silhouette qui se détachait sur le soleil couchant. Tu portais un maillot de la France, probablement du XL : 1 mètre 95, 90 kilos au bas mot...J'étais intimidé, bien sûr. Mais tout s'est passé naturellement. Que veux-tu : entre nous, c'était écrit.

Tu m'as vu. Tu m'as souris. Tu m'as choisi. Dès le coup d'envoi, tu t'es approché lentement, en me fixant du regard. Tu m'as souris une nouvelle fois, encore plus largement, et soudain tu m'as pris. Oui, tu m'as pris fougueusement, sans prévenir, tu m'as pris au marquage comme aucun milieu droit n'avait jamais été pris. Oh, tes épaules (dans ma gueule). Ta poitrine (dans ma gueule). Tes mains (dans ma gueule). J'ai valsé, encore et encore, pendant ces soixante minutes, nos soixante minutes.


Sur l'air de. Allez chante public, chante avec moi.



Sur ma cheville, tes semeeeelles
Et ton coude, juste au creux de mon foie
Tu m'as coincé sur l'aile
Poussé, retenu par le bras
Comme un catcheuuur
Puant la sueuuur

Tu m'as taclé si fort
Que mes genoux s'en souviennent
Malgré tous mes efforts
Mes percées furent vaines
Si je pouvaaaaaiss juste combiner
Sur mon côté
Si je savaaaaaais au moins dribbler...

" Me donnez paaaas la balle !
Stoppez vos transversales

A chaque contrôle, je le sens derrière moi
Et soudaaaaain
D'une seule maaain
Il m'arrache un bras "









La dernière en date de Mozinor. Enjoy.















16/04/09


Beubar pas mort ! C'est là.









Et sinon, juste pour le plaisir... Ca fera marrer seulement deux personnes bien précises, mais ne nous privons pas.

 











26/03/09


On innove un peu aujourd'hui... Ma promo devait préparer un "Journal de la semaine" pour un atelier d'écriture, il y a quelques semaines. Le principe était de mélanger quelques épisodes de notre vie perso avec des "impressions tirées de l'actualité". Mince, ça me rappelle un blog, ça... J'ai dû brider un peu les chevaux, choisir des thèmes à chaud au lieu de garder des brèves sous le coude pendant deux semaines, mais finalement c'était assez marrant à réaliser.

J'en profite pour vous présenter Solange, dont je publie également le travail parce que mince, j'aime beaucoup ce qu'elle fait. C'est spontané, direct et barré dès le premier jet, un truc dont je suis bien incapable. Solange, des potes, des potes, Solange, qui continuera - j'espère bien - à publier de temps à autre sur ce site, d'autant plus qu'elle vient de recommencer à écrire de son côté.

"Une fille sur Beubarzone ???" Ben ouais Malvina, moi aussi je me pince.



C'est pour Solange, et puis pour ma gueule.









21/03/09


Le grand frisson de la honte


Bon alors... Les faits, rien que les faits. C'était il y a deux semaines.

19h58, j'arrive Gare du Nord. Faut pas que je le rate celui-là, mon billet n'est pas échangeable. Je trace dans les couloirs du métro, zigzague entre les valises, arrive sous le panneau des départs. Voie 7. J'ai encore une chance, je donne tout ce que j'ai, m'engouffre dans la voiture la plus proche du début du quai. Pfffffiou... Ca s'est joué à rien.

Je reprends mon souffle péniblement, quand je l'aperçois soudain. Elle a la trentaine, traîne une grosse valise à roulettes en pressant le pas. Le chef de gare siffle, elle est à une vingtaine de mètres de la porte et lâche un cri de protestation. Signal sonore, les portes commencent à se fermer lentement, c'est trop bête, elle est à moins de dix mètres... Réflexe aussi altruiste que stupide, je mets le pied droit.

Pour une idée à la con...

C'est pas vraiment comme le métro, le TGV : pas de senseur dans l'encadrure de la porte, qui se ferme sur le bout de mon pied. Ca passe à quelques infimes centimètres des orteils de mon pied droit. La fille reste sur le quai, juste devant la porte, furieuse. Elle ne m'a pas vu, regarde vers la tête du train. J'essaie de retirer mon pied.

Putaiiiin... Je le crois pas, je suis coincé. Je tire de toutes mes forces, ça ne bouge pas d'un millimètre. Je suis en queue de train, entre la première voiture et le compartiment à vélos, il n'y a pas de strapontin : forcément, y a personne.

Dans un sens, ça m'évite de me taper l'affiche devant tout le monde. Mais ça veut aussi dire que personne ne pourra prévenir le contrôleur. Je reste bien dix minutes à méditer sur mon misérable sort avant de me résoudre à l'inévitable. Je retire mon pied de la chaussure. Ma chaussette est coincée elle aussi, c'est dire si j'ai failli y laisser un orteil.

Bien bien bien. Je rentre dans la voiture avec le pied droit à l'air, chope la première place disponible. Mon voisin ne remarque rien de toute l'heure du trajet, absorbé par la lecture de l'Express.

Forcément, en arrivant à Lille, ça se remarque, un mec avec un pied nu devant sa Dadass encastrée dans la porte. Les gens rigolent un peu, tu m'étonnes. Du haut de mon sens affuté de la repartie, je réponds : « - Ben ouais » d'un air blasé et récupère ma pompe lorsque la porte s'ouvre. Je descends sur le quai à cloche-pied, remets ma chaussette, puis ma chaussure, en me promettant de ne jamais raconter à qui que ce soit cet épisode parfaitement lamentable.

Chose réparée aujourd'hui. Parce que décidément, les aminches, j'ai pas l'impression d'avoir trop changé. Et après tout, l'idée me déplaît pas trop.









18/03/09


Nous étions ligne 6. Tu devais avoir la vingtaine. Ton corps était une oeuvre d'art aux formes parfaites, à la fois généreuses et fragiles, que l'on voudrait conquérir autant que protéger. Tes yeux étaient du bleu le plus pur, le plus profond qui soit, un abîme où l'on avait d'autre choix que de plonger. Tes longs cheveux d'or retombaient sur tes épaules graciles, comme une cascade de lumière autour des adorables lignes de ton visage.

Tu avais un énorme anneau en métal dans le nez.  Comment t'abuses, bordel.









Un conférencier, le genre pas fier.

 « D'ailleurs, au sujet du point de vue à adopter dans vos articles... Comme le disait mon professeur quasi-légendaire, Michel D., « le ''moi'' est estimable, le ''moi je'' est inacceptable ». Pour autant vous savez, moi je ne suis pas un ayatollah de la désincarnation... »

Je sens qu’on va être potes.









Métro parisien. Deux lascars en tenue de sport et leur pote. Mais alors lui, sapé bien classe : petite veste, Ray-Ban remontées dans ses cheveux gominés, barbe de trois jours. Large sourire, dé-ten-du, le mec qui kiffe la life, même que la life elle le lui rend bien, tendance pub sur-testostéronée pour Hugo Boss. Et il parle fort, le bougre, pas de souci, tout le monde sait qu'il est là.

Le métro ralentit en entrant dans la station, le mec remonte la poignée et continue à taper la discute avec ses deux potes, sourire Colgate en bandoulière, en attendant que la porte s'ouvre à l'arrêt complet. Sauf que non. Elle ne s'ouvre pas.

La Terre s'arrête de tourner : ça lui bousille un peu son effet, de devoir lever la poignée une deuxième fois. Quand on vient de se la péter avec une telle intensité devant une bonne cinquantaine de personnes, mieux vaut réussir sa sortie... Suspense : quel habile stratagème va-t-il bien pouvoir trouver pour garder une contenance ?

« - PUTAIIIIIIN, SA RACE ! » Le mec donne un coup de pied dans la porte, relève la poignée d'un coup sec et se barre en pressant le pas, furieux.









13/03/09


Evidemment... Suffisait que je promette de poster sous 48 heures pour que l'on se ramasse une nouvelle salve d'enquête régionale. " La pollution des sols dans le Nord Pas-De-Calais et son impact sur l'agriculture ", c'est trrrès intéressant, mais j'ai plus de vie depuis bientôt trois semaines. J'ai juste trouvé le temps de finaliser ma nouvelle-nouvelle. Ca fait un peu long comme remise en bouche (16 pages A4), mais je posterai d'autres choses dimanche. D'ici-là, je suis sûr que vous aurez trouvé une 'tite vingtaine de minutes pour lire "Reconversion" (si quelqu'un trouve mieux, je prends). J'ai pris des risques à pas mal de niveaux, j'espère que ça vous plaira... Pour l'idée de départ, merci à la copine d'un pote qui ne fait pas les choses à moitié, niveau rêves chelous.

Allez, c'est par là.











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